En bref
- Avant de placer quoi que ce soit, calculez ce qui vous reste vraiment : selon le type de départ, une indemnité de 100 000 € peut être totalement exonérée d’impôt ou totalement imposable.
- L’ordre compte : provision pour l’impôt, réserve pour la période sans revenu, projets proches, puis placements de long terme. Inutile de tout décider dans le mois.
- Le budget 2027, encore en discussion, pourrait réduire fortement l’exonération des ruptures conventionnelles et des mises à la retraite. Si votre départ se négocie maintenant, la date peut compter.
Vous venez de signer une rupture conventionnelle, vous êtes licencié, ou vous partez à la retraite : un virement de 100 000 € arrive sur votre compte. Votre banque vous appelle déjà. Vos proches ont un avis. Et une question vous empêche d’avancer : « Qu’est-ce que je fais de cet argent ? »
La réponse tient en une idée : cette somme doit d’abord remplacer un salaire qui s’arrête. Ce n’est qu’ensuite qu’elle devient un placement. Ce guide vous donne l’ordre des décisions à prendre, avec les règles officielles à jour et des exemples chiffrés. Il vaut à La Rochelle comme partout en France, par téléphone ou en visio.
Première question : quelle part de l’indemnité sera imposée ?
Le montant qui compte n’est pas celui du virement, mais celui qu’il vous restera après l’impôt. Tout dépend de la nature de votre départ, selon les règles publiées par service-public.gouv.fr et impots.gouv.fr.
| Type de départ | Impôt sur le revenu en 2026 |
|---|---|
| Licenciement hors plan social | Exonéré à hauteur du plus élevé de ces montants : indemnité légale ou conventionnelle, 2 fois la rémunération brute de l’année précédente, ou 50 % de l’indemnité, dans la limite de 288 360 € |
| Licenciement dans un plan social (PSE) | Exonéré en totalité |
| Rupture conventionnelle | Mêmes limites que le licenciement, à condition de ne pas être en droit de toucher une pension de retraite d’un régime légal |
| Mise à la retraite par l’employeur | Mêmes calculs, dans la limite de 240 300 € |
| Départ volontaire à la retraite ou en préretraite | Imposable en totalité |
Le point à vérifier après 60 ans : pour une rupture conventionnelle, la condition « pas de droit à une pension » s’apprécie au jour de la rupture effective du contrat. Si vous pouvez déjà liquider une retraite à cette date, l’indemnité devient imposable. La date de fin de contrat peut donc tout changer.
Ce que cela donne pour 100 000 €
- Rupture conventionnelle, 50 000 € de salaire brut l’année précédente : 2 fois ce salaire font 100 000 €. Toute l’indemnité est exonérée d’impôt sur le revenu.
- Rupture conventionnelle, 40 000 € de salaire brut : l’exonération monte à 80 000 €. Les 20 000 € restants sont imposables.
- Licenciement dans le cadre d’un PSE : aucun impôt sur le revenu, quel que soit le salaire.
- Départ volontaire à la retraite : les 100 000 € sont imposables.
N’oubliez pas les cotisations sociales, qui obéissent à une autre limite : l’exonération s’applique dans la limite de 96 120 €. Vérifiez sur votre solde de tout compte si le montant annoncé est brut ou net.
Réduire la facture avec le système du quotient
Pour une part imposable, vous pouvez demander le système du quotient, qui lisse la hausse de tranche liée à ce revenu exceptionnel. La demande se fait lors de la déclaration, case 0XX.
Exemple théorique : personne seule qui part volontairement à la retraite, avec un revenu habituel de 36 000 € imposables et une indemnité qui ajoute environ 90 000 € imposables après abattement pour frais. Avec le barème 2026, l’impôt supplémentaire lié à l’indemnité est d’environ 31 600 € sans quotient et 27 000 € avec quotient, soit près de 4 600 € d’écart. Pour un départ volontaire, le quotient suppose que ce revenu dépasse la moyenne de vos revenus imposables des 3 années précédentes.
Retenez surtout l’ordre de grandeur : sur 100 000 € imposables, plus d’un quart peut partir en impôt. Ce montant ne vous appartient pas : mettez-le de côté dès le premier jour.
Budget 2027 : ce qui pourrait changer pour les indemnités
Le projet de loi de finances pour 2027 prévoit de limiter l’exonération d’impôt à une fois le plafond annuel de la Sécurité sociale, soit 48 060 € sur la base de 2026. C’est un projet : au 2 novembre 2026, rien n’est définitivement voté.
D’après le suivi des débats publié par LégiFiscal, les députés ont modifié le texte en séance : les indemnités de licenciement seraient exclues de ce plafond, et le nouveau régime ne viserait que les indemnités perçues à compter du 1er janvier 2027. Les ruptures conventionnelles et les mises à la retraite resteraient concernées. Le Sénat et la suite de la discussion peuvent encore tout changer.
En parallèle, le projet de budget de la Sécurité sociale prévoit lui aussi un plafond unique pour les cotisations et la CSG-CRDS, pour les ruptures prenant effet à partir du 1er janvier 2027.
Concrètement, si le texte était adopté en l’état, une rupture conventionnelle de 100 000 € perçue en 2027 pourrait être imposable sur environ 51 940 €, alors qu’elle pourrait être entièrement exonérée en 2026. Si votre départ est en cours de négociation, parlez du calendrier avec votre avocat ou votre conseil en droit du travail : une rupture conventionnelle suppose un délai de rétractation de 15 jours calendaires, puis 15 jours ouvrables d’homologation. Ne signez pas dans la précipitation pour autant : c’est l’ensemble de l’accord qui compte, pas seulement sa date.
Les 5 décisions à prendre, dans l’ordre
1. Ne rien bloquer pendant 30 jours
Laissez l’argent sur un support disponible, le temps de connaître vos droits, votre impôt et vos projets. Aucun placement n’exige une décision immédiate. Méfiez-vous des offres « à saisir » qui arrivent juste après le virement.
2. Mettre de côté l’impôt à venir
Isolez le montant estimé de l’impôt sur la part imposable. Vous pouvez l’estimer avec le simulateur d’impôt sur le revenu. Selon votre taux de prélèvement à la source, un solde peut être à payer à l’été de l’année suivante.
3. Constituer une réserve pour la période sans revenu
C’est la décision la plus importante, et elle se calcule. Si vous avez droit à l’allocation chômage, celle-ci ne démarre pas tout de suite. Selon service-public.gouv.fr, pour les fins de contrat depuis le 1er avril 2025 :
- un délai d’attente de 7 jours s’applique ;
- un différé lié aux congés payés s’ajoute, selon votre indemnité compensatrice ;
- un différé spécifique s’applique à la part de l’indemnité qui dépasse le minimum légal : le montant divisé par 109,6, avec un maximum de 150 jours, soit 5 mois (75 jours en cas de licenciement économique).
Par exemple, si 20 000 € de votre indemnité dépassent le minimum légal, le calcul donne 183 jours, ramenés au maximum de 150 jours. Comptez donc près de 5 mois sans allocation. Prévoyez 6 à 12 mois de dépenses, davantage si vous êtes proche de la retraite ou si votre secteur recrute peu.
Où placer cette réserve ? Sur des supports disponibles et sans risque de perte. Le Livret A (plafond de 22 950 €) et le LDDS (plafond de 12 000 €) rapportent 1,7 % jusqu’au 31 janvier 2027, sans impôt ni prélèvements sociaux. Pour une personne seule, cela fait déjà 34 950 € de capacité. Vous pouvez comparer les options avec le comparateur de placements.
4. Réserver l’argent des projets proches
Remboursement d’un crédit coûteux, travaux, voiture, aide à un enfant, formation, création d’une activité : tout ce qui doit servir dans les 3 ans reste hors des marchés financiers. Rembourser un crédit dont le taux dépasse ce que rapporte un placement sûr est souvent une bonne décision, à comparer avec les pénalités éventuelles et votre besoin de trésorerie.
5. Investir le reste, progressivement
Seul ce qui reste peut aller vers un placement de long terme, à condition d’accepter les risques. C’est aussi le bon moment pour une vue d’ensemble, comme le propose notre bilan patrimonial.
👉 Votre indemnité vient d’arriver, ou votre départ se négocie ? On calcule ensemble ce qui sera imposé, la réserve à garder et ce qui peut être investi lors d’un premier rendez-vous offert, par téléphone ou en visio, puis d’un bilan patrimonial lui aussi offert. Réserver mon rendez-vous ou appeler le 06 59 89 06 12.
Quels placements pour la part à long terme ?
L’assurance-vie : la base la plus souple
L’assurance-vie permet de combiner un fonds en euros et des unités de compte, et de retirer de l’argent quand vous en avez besoin. L’AMF rappelle que le capital du support en euros est garanti par l’assureur, alors que la plupart des unités de compte ne le garantissent pas, et qu’il faut y placer uniquement l’argent que l’on peut bloquer au moins 5 ans.
Côté fiscalité, selon service-public.gouv.fr, après 8 ans, un abattement annuel de 4 600 € (9 200 € pour un couple) s’applique aux gains retirés, puis un prélèvement de 7,5 % (12,8 % sur la fraction liée aux primes au-delà de 150 000 €), en plus des 17,2 % de prélèvements sociaux.
Bon à savoir pour un contrat existant : un rachat peut être exonéré d’impôt après un licenciement, sous conditions et avant la fin de l’année qui suit, mais pas après une rupture conventionnelle.
Le PER : utile seulement si une part de l’indemnité est imposée
Si une part de votre indemnité est imposable en 2026, un versement sur un PER avant le 31 décembre peut réduire la facture, dans la limite de votre plafond. Si votre indemnité est exonérée et que vos revenus chutent, l’intérêt est bien plus faible : vous déduiriez à un taux bas pour être imposé plus tard. Et l’argent reste bloqué jusqu’à la retraite, sauf cas limités, dont la fin de droits au chômage. Notre article PER avant le 31 décembre détaille le calcul.
Les SCPI : pour des revenus, pas pour la trésorerie
Les SCPI peuvent apporter des revenus potentiels, utiles si vous arrêtez de travailler. Mais les revenus et le capital ne sont pas garantis, la revente peut être longue, et les frais d’entrée sont souvent élevés. Elles se regardent donc sur la durée, pour une partie limitée de la somme.
Tableau : trois répartitions possibles pour 100 000 € nets
Ces répartitions sont de simples illustrations, à adapter à chaque situation. Ce ne sont pas des recommandations.
| Situation | Réserve disponible | Projets à moins de 3 ans | Assurance-vie (long terme) | PER |
|---|---|---|---|---|
| 48 ans, retrouve vite un emploi, imposable à 30 % | 25 000 € | 10 000 € | 50 000 € | 15 000 € |
| 57 ans, recherche longue, sans projet de reprise | 40 000 € | 10 000 € | 45 000 € | 5 000 € |
| 63 ans, retraité, a besoin d’un complément | 30 000 € | 10 000 € | 60 000 € | 0 € |
Quel que soit votre profil, évitez d’investir d’un seul coup sur des supports risqués. Des versements étalés sur plusieurs mois limitent le risque d’entrer au mauvais moment, sans le supprimer.
Les erreurs les plus fréquentes
- Considérer le montant brut comme disponible, sans provision pour l’impôt ni pour les cotisations.
- Tout placer sur des supports bloqués, alors que le retour à l’emploi prend souvent plus de temps que prévu.
- Accepter le premier contrat proposé parce qu’il est là, sans comparer les frais.
- Laisser l’indemnité sur le compte courant pendant des années, où elle perd de sa valeur avec l’inflation.
- Prêter ou donner trop vite à ses proches, avant de savoir de quoi l’on aura besoin. Si ce sujet vous concerne, un accompagnement en transmission permet d’aider sans se mettre en difficulté.
- Oublier de préparer la suite si vous approchez de la retraite : notre check-list du départ en 2027 détaille les démarches.
Autre cas proche : vous avez reçu une somme à la suite d’une vente plutôt que d’un départ. Consultez alors notre article sur l’argent d’une vente immobilière.
Sources officielles
Pages consultées et vérifiées le 2 novembre 2026 :
- Indemnités de rupture, licenciement, retraite : imposition, service-public.gouv.fr, vérifié le 15 avril 2026
- Indemnités suite à rupture du contrat de travail, impots.gouv.fr, modifié le 8 avril 2026
- Exceptions au principe d’imposition des indemnités, BOFiP, BOI-RSA-CHAMP-20-40-10-30
- Indemnité de licenciement, service-public.gouv.fr, vérifié le 5 juin 2026
- Rupture conventionnelle, service-public.gouv.fr, vérifié le 26 juin 2026
- Allocation chômage : différés d’indemnisation, service-public.gouv.fr
- Livret A et LDDS, service-public.gouv.fr, vérifiés le 1er août 2026
- Fiscalité de l’assurance-vie en cas de rachat, service-public.gouv.fr, vérifié le 15 avril 2026
- Plan d’épargne retraite (PER) individuel, service-public.gouv.fr, vérifié le 12 octobre 2026
- L’assurance-vie, supports et risques, AMF
- Suivi du budget 2027 (sources non officielles, texte en cours de discussion) : LégiFiscal et Village de la Justice
Questions fréquentes
Mon indemnité de rupture conventionnelle de 100 000 € est-elle imposable ?
En 2026, elle est exonérée dans les mêmes limites qu’une indemnité de licenciement, si vous n’avez pas droit à une pension de retraite à la date de rupture. Avec un salaire brut de 50 000 € l’année précédente, les 100 000 € peuvent être totalement exonérés d’impôt. Le budget 2027, en discussion, pourrait réduire cette exonération.
Combien garder de côté après une indemnité de départ ?
Prévoyez en général 6 à 12 mois de dépenses, plus l’impôt à venir et les projets à moins de 3 ans. Tenez compte du différé France Travail, qui peut atteindre 5 mois sur la part de l’indemnité dépassant le minimum légal.
Faut-il verser son indemnité de départ sur un PER ?
Seulement pour une partie, et surtout si une part de l’indemnité est imposable ou si votre tranche reste élevée. Les versements sont déductibles dans la limite de votre plafond, mais l’épargne reste bloquée jusqu’à la retraite, sauf cas limités, et la sortie est imposée.
Quand placer l’argent de mon indemnité ?
Sans urgence : gardez-le d’abord disponible le temps de chiffrer l’impôt et vos besoins. Ensuite, placez la part de long terme progressivement. Un rendez-vous dans les premières semaines permet de décider sans pression.
Se faire accompagner
Une indemnité de départ arrive souvent à un moment chargé, où il est difficile de décider seul. Conseiller en gestion de patrimoine (CIF, ORIAS n° 25001156, membre de la CNCEF), Raoul Dumas Madassamy vous aide à chiffrer ce qui vous restera après impôt, à fixer votre réserve et à organiser le reste selon votre horizon. Les rendez-vous se font à La Rochelle, par téléphone ou en visio partout en France. Le premier rendez-vous et le bilan patrimonial sont offerts et sans engagement. Si vous approchez de la fin de carrière, découvrez aussi notre accompagnement préparer sa retraite.
Les informations de cet article sont données à titre général et ne constituent pas un conseil personnalisé, ni un conseil juridique sur la négociation de votre départ. Les règles citées sont celles en vigueur au 2 novembre 2026 et peuvent évoluer, notamment avec les budgets 2027. Tout investissement comporte des risques, notamment de perte en capital. Les exemples sont théoriques.

