En bref
- Les dirigeants de PME et TNS cotisent moins que les salariés pendant leur vie active, ce qui se traduit par une chute brutale des revenus à la retraite, souvent de 50 % à 70 % selon le statut.
- Commencer à préparer sa retraite 10 ans à l’avance permet de mobiliser des outils fiscaux puissants (PER, assurance vie, holding) qui perdent beaucoup de leur efficacité si on attend trop longtemps.
- Un accompagnement par un conseiller en gestion de patrimoine permet de construire une stratégie cohérente qui intègre simultanément la sortie progressive de l’entreprise et la constitution d’un patrimoine personnel suffisant.
Le problème que personne ne dit aux dirigeants
Il existe une vérité inconfortable que peu de conseillers prennent le temps d’expliquer clairement aux chefs d’entreprise : votre retraite sera probablement bien plus faible que vous ne l’imaginez.
Un dirigeant de PME qui a passé vingt ans à développer son entreprise, à se verser une rémunération optimisée fiscalement (peu de salaire, beaucoup de dividendes), à réinvestir dans son outil de travail plutôt que dans son épargne personnelle, peut se retrouver avec une pension de retraite de 800 à 1 500 € par mois. Parfois moins. Pendant ce temps, son niveau de vie au cours des dernières années d’activité était peut-être de 5 000, 8 000 ou 10 000 € par mois.
L’écart est brutal. Et il est d’autant plus difficile à accepter qu’on ne l’a pas anticipé. Le chef d’entreprise qui a tout donné à son activité pendant vingt ans découvre parfois trop tard que son entreprise était son seul actif, et que sa valeur de cession ne suffit pas à financer trente ans de retraite confortable.
Chez R&D Patrimoine, à La Rochelle, Raoul Dumas Madassamy accompagne régulièrement des dirigeants de Charente-Maritime qui prennent conscience de cette réalité, parfois à 58 ou 60 ans. Le message est toujours le même : il n’est jamais trop tard pour agir, mais plus on commence tôt, plus les résultats sont spectaculaires. Et commencer à 55 ans plutôt qu’à 65 ans, c’est une différence qui se chiffre en centaines de milliers d’euros.
Pourquoi les dirigeants cotisent si peu pour leur retraite
Pour comprendre l’ampleur du problème, il faut comprendre comment fonctionne la retraite des dirigeants selon leur statut.
Un dirigeant assimilé salarié (président de SAS ou SASU) cotise au régime général de la Sécurité sociale sur son salaire, comme un cadre. Sa retraite est donc proportionnelle à sa rémunération déclarée. S’il s’est versé un salaire modeste pour minimiser les charges sociales, sa pension sera modeste en conséquence.
Un travailleur non salarié (TNS) (gérant majoritaire de SARL, entrepreneur individuel) cotise au régime des indépendants (anciennement RSI, désormais intégré à la Sécurité sociale des indépendants). Les taux de cotisation retraite sont plus faibles que pour les salariés, et le calcul de la pension est moins favorable. Un TNS ayant eu des revenus fluctuants ou ayant optimisé sa rémunération vers le bas pendant de longues périodes peut accumuler des droits très limités.
Dans les deux cas, la part des revenus provenant des dividendes n’ouvre aucun droit à la retraite. Un dirigeant qui se verse 30 000 € de salaire et 100 000 € de dividendes par an ne cotise pour sa retraite que sur les 30 000 €. Les 100 000 € de dividendes n’existent pas aux yeux de sa future pension.
| Statut | Taux de remplacement moyen | Pension estimée sur 5 000 €/mois de revenus |
|---|---|---|
| Salarié cadre | 50 à 60 % | 2 500 à 3 000 €/mois |
| Dirigeant assimilé salarié | 35 à 50 % | 1 750 à 2 500 €/mois |
| TNS (gérant majoritaire) | 25 à 40 % | 1 250 à 2 000 €/mois |
| TNS avec optimisation dividendes | 15 à 25 % | 750 à 1 250 €/mois |
Ces chiffres sont des estimations indicatives. Ils illustrent cependant une réalité que le portail Info Retraite permet de vérifier précisément en simulant sa future pension selon son relevé de carrière.
Ce que 10 ans d’anticipation changent concrètement
Prenons deux dirigeants identiques : même entreprise, même niveau de revenus, même patrimoine de départ. La seule différence : l’un commence à préparer sa retraite à 55 ans, l’autre attend 65 ans et cède son entreprise dans la précipitation.
Le dirigeant qui anticipe à 55 ans met en place dès aujourd’hui une stratégie structurée. Il verse chaque année 20 000 € sur un Plan d’Épargne Retraite (PER), déductibles de son revenu imposable. Sur 10 ans, à un taux marginal de 41 %, cela représente une économie fiscale cumulée de 82 000 €. L’épargne constituée sur le PER, placée sur des supports diversifiés avec un rendement moyen de 5 %, atteint environ 260 000 € au bout de 10 ans. Il optimise également sa rémunération, développe une assurance vie, et prépare la cession de son entreprise dans les meilleures conditions fiscales.
Le dirigeant qui attend 65 ans n’a ni PER, ni assurance vie suffisamment ancienne pour bénéficier des avantages fiscaux après 8 ans, ni temps pour optimiser la cession. Il vend dans l’urgence, paie le PFU à 31,4 % sur la plus-value sans pouvoir profiter de l’apport-cession (faute d’anticipation), et se retrouve avec un capital brut dont une part significative part en impôts.
La différence entre ces deux scénarios sur 20 ans de retraite peut facilement dépasser 300 000 à 500 000 € en patrimoine net et en revenus cumulés. C’est le prix de l’anticipation.
Les outils à mobiliser dès aujourd’hui
Le Plan d’Épargne Retraite (PER) : l’outil numéro un
Le PER individuel est l’outil le plus puissant pour un dirigeant qui prépare sa retraite. Les versements sont déductibles du revenu imposable dans la limite de 10 % des revenus professionnels de l’année précédente (avec un plafond annuel). Pour un dirigeant avec 150 000 € de revenus, le plafond de déduction annuel peut atteindre 15 000 €, voire davantage s’il n’a pas utilisé ses plafonds des années précédentes (les plafonds non utilisés se reportent sur 3 ans).
L’économie fiscale immédiate est considérable. Pour un dirigeant dans la tranche à 41 %, verser 15 000 € sur un PER génère 6 150 € d’économie d’impôt la même année. Sur 10 ans, c’est 61 500 € d’impôt économisé, en plus du capital constitué et des rendements générés.
À la retraite, les sommes sont disponibles sous forme de rente ou de capital. La fiscalité à la sortie (barème progressif de l’IR sur les versements déduits) est généralement plus favorable qu’à l’entrée, car les revenus du dirigeant à la retraite sont inférieurs à ceux de sa période d’activité. C’est le principe du différentiel de taux marginal, au coeur de l’efficacité du PER pour les dirigeants fortement imposés.
L’assurance vie : constituer un capital souple et transmissible
L’assurance vie est le complément indispensable du PER. Là où le PER bloque les fonds jusqu’à la retraite (sauf cas exceptionnels), l’assurance vie reste disponible à tout moment. Elle permet d’investir sur des supports diversifiés (fonds euros, unités de compte, SCPI, private equity) et bénéficie d’une fiscalité très avantageuse après 8 ans de détention.
Pour un dirigeant de 55 ans qui ouvre ou alimente une assurance vie aujourd’hui, le cap des 8 ans sera atteint à 63 ans, juste avant la retraite. Les retraits effectués ensuite bénéficieront de l’abattement annuel de 4 600 € (9 200 € pour un couple) et d’un taux réduit sur les gains. C’est précisément pour cette raison qu’il ne faut pas attendre pour ouvrir ce type de contrat.
L’assurance vie est également un outil de transmission très efficace : les capitaux transmis aux bénéficiaires désignés échappent aux droits de succession dans la limite de 152 500 € par bénéficiaire pour les versements effectués avant 70 ans. C’est un avantage successoral considérable que seule l’anticipation permet de maximiser.
La holding patrimoniale : capitaliser à l’IS plutôt qu’à l’IR
Pour les dirigeants dont l’entreprise génère des bénéfices importants, la création d’une holding patrimoniale peut permettre de faire remonter des dividendes dans une structure à l’IS (impôt sur les sociétés) plutôt que de les percevoir personnellement à l’IR. Le taux d’IS (15 % pour les PME sur les premiers 42 500 € de bénéfices, 25 % au-delà) est souvent inférieur à la tranche marginale d’imposition du dirigeant.
Les sommes ainsi capitalisées dans la holding peuvent ensuite être réinvesties dans des actifs patrimoniaux (immobilier, SCPI, private equity, assurance vie luxembourgeoise) avec un effet cumulatif sur le long terme. C’est une stratégie complexe mais très puissante pour les dirigeants dont la tranche marginale est à 41 % ou 45 %. Pour en savoir plus sur l’optimisation de la trésorerie d’entreprise, consultez notre article dédié.
Les SCPI : des revenus complémentaires sans gestion
Intégrer des SCPI dans sa stratégie de préparation à la retraite est une option particulièrement adaptée aux dirigeants qui souhaitent se constituer une source de revenus immobiliers passifs. Investies progressivement sur 10 ans, elles génèrent des revenus réguliers qui viendront compléter la pension au moment de la retraite. Consultez notre article sur les SCPI à la retraite pour comprendre les meilleures stratégies selon votre profil fiscal.
Le rôle de la cession d’entreprise dans la retraite du dirigeant
Pour beaucoup de dirigeants, la valeur de l’entreprise représente l’essentiel de leur patrimoine. La cession est donc un moment clé dans la préparation de la retraite. Mais elle ne peut pas être la seule stratégie.
Premièrement, parce que la valeur de cession est incertaine et dépend de nombreux facteurs externes (conjoncture, secteur, profil du repreneur). Miser uniquement sur la cession pour financer sa retraite, c’est prendre un risque de concentration majeur.
Deuxièmement, parce que le produit net de la cession, après fiscalité (PFU à 31,4 % en 2026 ou dispositifs d’exonération sous conditions), est souvent inférieur aux attentes. Un dirigeant qui espère céder 1 000 000 € et récupérer 1 000 000 € nets sera déçu.
Troisièmement, parce que transformer un capital de cession en revenus réguliers nécessite une stratégie de placement rigoureuse, que seule une anticipation suffisante permet de mettre en place dans les meilleures conditions. Notre article sur céder son entreprise à 55 ans détaille les dispositifs fiscaux applicables selon votre situation.
La règle d’or est donc de traiter la cession comme un bonus, pas comme le plan A. Le plan A, c’est de constituer un patrimoine personnel suffisant indépendamment de la valeur de l’entreprise.
Construire son plan retraite en 5 étapes concrètes
Voici la démarche structurée que R&D Patrimoine recommande aux dirigeants qui souhaitent préparer leur retraite avec 10 ans d’avance.
Étape 1 : Faire le bilan retraite. Simulez précisément votre future pension sur Info Retraite, identifiez les trimestres manquants et quantifiez l’écart entre vos revenus actuels et votre future pension. C’est le point de départ indispensable.
Étape 2 : Optimiser votre rémunération. Revoir le mix salaire/dividendes/épargne salariale pour maximiser les cotisations retraite utiles sans alourdir inutilement les charges. Un réajustement bien calibré peut améliorer significativement les droits futurs.
Étape 3 : Ouvrir et alimenter un PER. Commencer dès cette année, en utilisant les plafonds reportés des années précédentes si possible. L’économie fiscale immédiate est réelle et le capital constitué est précieux.
Étape 4 : Construire un patrimoine financier diversifié. Assurance vie, SCPI, private equity selon votre profil de risque et votre horizon. L’objectif est de créer plusieurs sources de revenus indépendantes de la pension et du produit de cession.
Étape 5 : Préparer la cession dans les meilleures conditions. Valoriser l’entreprise, identifier le bon moment et le bon repreneur, optimiser la fiscalité de la plus-value (apport-cession, abattement départ retraite si applicable). La cession vient couronner une stratégie patrimoniale déjà solide, pas la remplacer.
Les sites service-public.fr et Info Retraite sont deux ressources officielles indispensables pour vérifier vos droits et simuler votre situation avant toute décision.
FAQ — Vos questions sur la retraite du dirigeant
1. À quel âge un dirigeant peut-il partir à la retraite ?
Depuis la réforme des retraites de 2023, l’âge légal de départ à la retraite est fixé à 64 ans pour les générations nées à partir de 1968. Pour obtenir une retraite à taux plein sans décote, il faut avoir validé 172 trimestres (43 ans de cotisation). Les dirigeants qui ont eu des périodes de faibles revenus ou de dividendes importants peuvent avoir des trimestres manquants et se retrouver avec une pension avec décote s’ils partent à 64 ans. Un bilan retraite précis est indispensable pour anticiper cette situation.
2. Combien un dirigeant peut-il verser sur un PER chaque année ?
Le plafond de déduction des versements sur un PER est fixé à 10 % des revenus professionnels de l’année précédente, dans la limite de 8 fois le plafond annuel de la Sécurité sociale (PASS). En 2026, cela représente un plafond maximum d’environ 35 000 € par an. Les plafonds non utilisés au cours des 3 années précédentes peuvent être reportés et utilisés la même année, ce qui permet parfois des versements très significatifs sur une seule année, notamment l’année de la cession.
3. Les dividendes ouvrent-ils des droits à la retraite ?
Non, les dividendes perçus par un dirigeant assimilé salarié (président de SAS/SASU) n’ouvrent aucun droit à la retraite car ils ne sont pas soumis aux cotisations sociales. Pour les gérants majoritaires de SARL (TNS), la fraction des dividendes dépassant 10 % du capital social est soumise aux cotisations sociales depuis 2013 et génère donc quelques droits. Dans tous les cas, la part des revenus provenant des dividendes reste très peu génératrice de droits retraite, d’où l’importance de compenser par une épargne volontaire.
4. Vaut-il mieux un PER individuel ou un PER collectif pour un dirigeant ?
Les deux peuvent coexister et se compléter. Le PER individuel (PERin) est souscrit à titre personnel et permet des versements volontaires déductibles du revenu imposable. Le PER collectif (PERCOL) est mis en place au niveau de l’entreprise et peut bénéficier d’abondements de l’employeur exonérés de charges sociales dans certaines limites. Pour un dirigeant de PME, mettre en place un PERCOL dans son entreprise et l’alimenter via des abondements est une stratégie doublement efficace : elle réduit la base imposable à l’IS et constitue une épargne retraite personnelle à moindre coût.
5. Que se passe-t-il si je cède mon entreprise avant d’avoir suffisamment épargné pour la retraite ?
C’est la situation la plus délicate. Si le produit de la cession est insuffisant pour financer 20 à 30 ans de retraite et que l’épargne personnelle est limitée, les options sont restreintes : reprendre une activité professionnelle partielle, réduire son train de vie, ou opter pour des placements très rentables mais plus risqués pour compenser. C’est précisément ce scénario qu’une préparation anticipée permet d’éviter. Un conseiller en gestion de patrimoine peut modéliser les différents scénarios et vous aider à prendre les bonnes décisions avant qu’il ne soit trop tard.
6. À quel moment faire appel à un conseiller en gestion de patrimoine pour préparer sa retraite ?
Idéalement entre 50 et 55 ans, soit 10 à 15 ans avant l’échéance souhaitée. C’est à ce moment que les leviers fiscaux (PER, assurance vie, holding) sont les plus efficaces et que le temps joue pleinement en votre faveur. Mais même à 60 ans, il reste des actions concrètes à mener : optimisation de la rémunération, versements PER sur les plafonds reportés, préparation de la cession. La première consultation chez R&D Patrimoine est gratuite et permet de dresser un tableau précis de votre situation et des actions prioritaires à mener.
10 ans pour changer radicalement l’équation de votre retraite
Préparer sa retraite en tant que dirigeant, ce n’est pas remplir un formulaire ou souscrire un produit financier. C’est construire une stratégie globale qui intègre votre entreprise, votre patrimoine personnel, votre fiscalité et vos projets de vie. Les dirigeants qui s’y prennent 10 ans à l’avance ne gagnent pas seulement de l’argent : ils gagnent en sérénité, en liberté de choix et en capacité à transmettre quelque chose de solide à leurs proches.
Raoul Dumas Madassamy, fondateur de R&D Patrimoine et spécialiste en gestion de patrimoine pour les dirigeants, vous accompagne pour construire ce plan sur mesure. Bilan retraite, optimisation de la rémunération, PER, assurance vie, préparation de la cession : chaque décision est analysée dans une logique globale pour maximiser votre situation à long terme.
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