Départ à la retraite en 2027 : la check-list des 12 derniers mois

Placer 200 000 € à la retraite sans prendre de risques

Table des matières

En bref

  • Vous êtes né en 1964 ou entre janvier et mars 1965 ? Votre âge légal de départ est de 62 ans et 9 mois, avec 170 trimestres pour le taux plein : beaucoup d’entre vous pourront partir en 2027.
  • Les 12 derniers mois servent à vérifier sa carrière, choisir la bonne date, déposer la demande unique au moins 5 mois avant, et préparer la fiscalité de l’année du départ (indemnité, PER, épargne salariale).
  • La baisse de revenus est rarement anticipée : un budget « retraite » et un plan pour l’épargne disponible évitent de puiser au hasard dans ses placements.

Partir à la retraite ne se décide pas le mois du départ. Entre le relevé de carrière à corriger, la date à choisir, la demande à déposer, l’indemnité de fin de carrière, le PER et l’épargne salariale, la dernière année de vie active concentre une dizaine de décisions qui pèsent sur vos revenus pendant vingt ou trente ans. Une erreur de date ou un trimestre oublié, et c’est une pension plus faible à vie.

Ce guide s’adresse à toutes celles et ceux qui envisagent de partir en 2027, salariés du privé, fonctionnaires ou dirigeants. Il suit l’ordre chronologique : ce qu’il faut faire 12 mois avant, 6 mois avant, puis le mois du départ et juste après. Nous accompagnons régulièrement de futurs retraités à La Rochelle et en Charente-Maritime, et partout en France par téléphone ou en visio : les points ci-dessous sont ceux que nous voyons le plus souvent négligés.

Qui peut partir à la retraite en 2027 ?

La réforme de 2023 relevait progressivement l’âge légal jusqu’à 64 ans. La loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 a suspendu ce relèvement pour plusieurs générations. Selon le tableau officiel de service-public.gouv.fr, l’âge légal est désormais le suivant :

Date de naissanceÂge légal de départTrimestres pour le taux pleinDépart possible à partir de
Du 1er janvier 1963 au 31 mars 196562 ans et 9 mois170 (42 ans et 6 mois)Octobre 2026 à décembre 2027 pour les nés en 1964 et début 1965
Du 1er avril au 31 décembre 196563 ans171 (42 ans et 9 mois)Avril 2028 et après
196663 ans et 3 mois172 (43 ans)2029 et après
Âge légal et durée d’assurance selon l’année de naissance (sources : fiches F14043 et F35063 de service-public.gouv.fr, vérifiées le 26/10/2026).

Concrètement, une personne née en mars 1964 atteint 62 ans et 9 mois en décembre 2026 ; une personne née en février 1965 les atteint en novembre 2027. Si vous êtes né en 1964 ou au premier trimestre 1965, vous pouvez donc partir en 2027, à condition d’avoir vos 170 trimestres pour éviter la décote. Sinon, deux autres situations permettent de partir en 2027 :

  • Les carrières longues (début d’activité jeune), qui peuvent partir avant l’âge légal sous conditions de trimestres cotisés.
  • Les personnes qui atteignent 67 ans (nées en 1960) : à cet âge, d’après la fiche taux plein de service-public.gouv.fr, la retraite est à taux plein quel que soit le nombre de trimestres, sans décote.

Ces règles concernent le régime général, les indépendants et la fonction publique « sédentaire ». Les régimes spéciaux et les métiers dits « actifs » de la fonction publique ont leurs propres âges : vérifiez votre cas sur votre espace personnel.

12 mois avant : faire le point sur sa carrière et sa future pension

1. Vérifier son relevé de carrière, ligne par ligne

C’est la première chose à faire, et la plus rentable. Connectez-vous sur info-retraite.fr, le portail commun à tous les régimes, et téléchargez votre relevé de carrière. Vérifiez chaque année : emplois d’été, apprentissage, service militaire, périodes de chômage indemnisé, congés maternité, années à l’étranger, activité indépendante. Il est fréquent de découvrir un trimestre manquant ou un salaire mal reporté. Plus la correction est demandée tôt, plus elle a de chances d’être traitée avant votre départ : gardez vos bulletins de salaire et attestations, ce sont eux qui serviront de preuves.

2. Estimer sa pension et comparer plusieurs dates

Le simulateur de votre espace info-retraite vous donne une estimation, régimes de base et complémentaires réunis. Comparez au moins trois dates : à l’âge légal, quand vous avez tous vos trimestres, et quelques trimestres plus tard. Deux mécanismes jouent en sens inverse :

  • La décote : s’il vous manque des trimestres, le taux de 50 % de la retraite de base est réduit de 0,625 point par trimestre manquant, dans la limite de 20 trimestres (service-public.gouv.fr, calcul de la retraite de base). Elle est définitive.
  • La surcote : au-delà de l’âge légal et du nombre de trimestres requis, chaque trimestre civil entier travaillé en plus augmente la retraite de base de 1,25 % (service-public.gouv.fr, surcote).

Un trimestre de plus ou de moins peut donc changer votre pension à vie. À l’inverse, travailler plus longtemps « par précaution » n’est pas toujours la meilleure option si votre santé, votre conjoint ou vos projets vous attendent : le bon choix est celui qui équilibre revenus et qualité de vie.

3. Étudier le rachat de trimestres, sans précipitation

Il est possible, sous conditions, de racheter des années d’études supérieures ou des années incomplètes pour réduire la décote. Le rachat a un coût élevé, mais il est déductible du revenu imposable. Il n’est intéressant que si le supplément de pension rembourse l’effort en un nombre raisonnable d’années, en tenant compte de l’économie d’impôt. Faites établir un devis par votre caisse et comparez-le à ce que le même capital rapporterait placé. Nous consacrerons un article complet à cette question en janvier.

4. Dresser son budget de retraité

Le passage à la retraite s’accompagne en général d’une baisse des revenus. Faites la liste de vos dépenses actuelles, puis de celles qui vont changer : fin des frais de transport, mais nouvelle complémentaire santé souvent plus chère, voyages, aide aux enfants ou aux petits-enfants, travaux dans la maison. La différence entre ce budget et votre pension estimée, c’est le complément de revenu que votre épargne devra fournir. Ce chiffre guide toutes les décisions qui suivent.

Pour estimer l’épargne nécessaire à ce complément, vous pouvez utiliser notre simulateur d’objectif d’épargne. Si vous êtes dirigeant, lisez aussi notre article sur la retraite du dirigeant préparée dix ans à l’avance.

De 12 à 6 mois avant : préparer l’argent et la fiscalité du départ

5. Utiliser la dernière année « pleine » pour verser sur un PER

Votre dernière année complète de salaire est souvent celle où votre tranche d’imposition est la plus haute. C’est le bon moment pour verser sur un plan d’épargne retraite (PER) : les versements sont déductibles du revenu imposable dans la limite d’un plafond. Selon la fiche PER de service-public.gouv.fr, ce plafond est égal pour un salarié à 10 % des revenus d’activité de 2025 (maximum 37 680 €), ou 4 710 € si ce montant est plus élevé. Il est augmenté des plafonds non utilisés des 5 années précédentes : beaucoup de futurs retraités disposent ainsi d’une enveloppe bien plus large qu’ils ne le pensent. Le montant exact figure sur votre dernier avis d’impôt.

Exemple chiffré : un cadre rochelais imposé dans la tranche à 30 % verse 10 000 € sur son PER en 2026, dans la limite de son plafond. Son revenu imposable baisse de 10 000 €, soit environ 3 000 € d’impôt en moins. À la retraite, s’il sort en capital, la part correspondant aux versements sera imposée au barème, mais souvent dans une tranche plus basse, puisque ses revenus auront diminué. Le gain dépend donc de l’écart entre la tranche d’aujourd’hui et celle de demain : il faut le calculer, ce que permet notre simulateur d’économie d’impôt PER.

Deux précisions issues de la même fiche officielle : depuis le 1er janvier 2026, les versements effectués après 70 ans ne sont plus déductibles, et la sortie à la retraite peut se faire en capital (en une ou plusieurs fois), en rente viagère, ou en combinant les deux, sauf si vous aviez opté pour la rente à l’ouverture. À partir de la 5e année avant votre départ, vous pouvez interroger le gestionnaire sur les possibilités de sortie.

6. Anticiper l’imposition de l’indemnité de départ

Si vous êtes salarié, vous percevrez une indemnité de départ à la retraite, dont le montant dépend de votre ancienneté et de votre convention collective. Sa fiscalité dépend de qui prend l’initiative du départ (source : service-public.gouv.fr, indemnités de fin de contrat) :

SituationImpôt sur le revenu
Départ volontaire à la retraiteImposable en totalité
Mise à la retraite par l’employeur (hors PSE)Exonérée en partie, dans la limite de 240 300 € pour les indemnités perçues en 2026
Départ dans le cadre d’un plan de sauvegarde de l’emploiExonérée en totalité

Bonne nouvelle : si cette indemnité dépasse la moyenne de vos revenus imposables des trois années précédentes, vous pouvez demander le système du quotient, qui limite l’effet de la hausse de tranche. Pensez-y au moment de la déclaration, il n’est pas appliqué automatiquement. Et décidez à l’avance de ce que deviendra cette somme : remboursement d’un crédit, épargne de précaution, placement. Si elle est importante, notre article à paraître sur l’indemnité de départ de 100 000 € détaillera les options.

7. Faire le tri dans son épargne salariale

Le départ à la retraite permet de débloquer le plan d’épargne retraite d’entreprise (Perco, PER collectif), et la fin du contrat de travail fait partie des cas de déblocage anticipé du plan d’épargne d’entreprise (PEE). Avant de tout retirer par réflexe, regardez l’allocation : des fonds investis en actions qui ont baissé peuvent mériter d’attendre ; une épargne bloquée dans des fonds monétaires peut être mieux placée ailleurs. Notre page épargne salariale rappelle les règles de déblocage et de fiscalité, et la fiche épargne salariale de service-public.gouv.fr renvoie vers chaque dispositif.

👉 Vous partez en 2027 et vous voulez savoir si votre épargne suffira ? On vérifie ensemble votre date de départ, votre future pension et votre plan de revenus lors d’un premier rendez-vous offert, par téléphone ou en visio, puis d’un bilan patrimonial lui aussi offert. Réserver mon rendez-vous ou appeler le 06 59 89 06 12.

8. Revoir ses placements avec un horizon de retraité

À la retraite, l’épargne change de rôle : elle doit souvent fournir un revenu régulier pendant longtemps, tout en gardant une réserve pour les imprévus. On raisonne en trois poches :

  • Une épargne de précaution disponible (livrets), de l’ordre de six mois à un an de dépenses.
  • Une poche de revenus à horizon de quelques années : par exemple une assurance-vie avec des rachats partiels programmés, ou des SCPI, dont nous détaillons les avantages et les limites dans SCPI à la retraite : bonne ou mauvaise idée ?.
  • Une poche de long terme, pour faire face à l’inflation sur vingt ou trente ans et, plus tard, à une éventuelle dépendance (voir notre article sur le financement de la dépendance).

Si vous disposez déjà d’un capital important, notre article placer 200 000 € à la retraite sans prendre de risques présente des répartitions types. Aucun placement n’est sans risque : les supports en unités de compte, les SCPI et les actions peuvent perdre de la valeur, et leurs revenus passés ne préjugent pas des revenus futurs.

6 à 4 mois avant : déposer la demande et organiser la transition

9. Déposer la demande de retraite en ligne

La retraite n’est jamais versée automatiquement : il faut la demander. D’après la fiche demande de retraite de service-public.gouv.fr, la demande se fait au moins 5 mois avant la date de départ souhaitée (en général entre 4 et 6 mois avant), en une seule fois sur info-retraite.fr : elle est transmise automatiquement à toutes vos caisses de base et complémentaires. La retraite prend effet le 1er jour d’un mois et ne peut pas commencer avant la date de la demande : une demande tardive, c’est un ou plusieurs mois de pension perdus.

10. Prévenir son employeur et choisir sa date de fin de contrat

En cas de départ volontaire, vous devez respecter un préavis, fixé par la loi ou la convention collective. Faites coïncider la fin du contrat avec le début de la retraite pour éviter un mois sans revenu. Une fin de contrat en fin de trimestre civil permet aussi de valider le trimestre en cours. Profitez-en pour solder vos congés et votre compte épargne-temps, ou vérifier s’ils peuvent être transférés vers votre PER collectif.

11. Penser à la santé et à la prévoyance

Votre mutuelle d’entreprise s’arrête avec votre contrat. Vous pouvez en général demander à l’assureur un maintien à titre individuel, ou choisir une autre complémentaire santé : comparez les garanties et les tarifs, qui augmentent souvent avec l’âge. Vérifiez aussi ce que deviennent vos contrats de prévoyance (décès, invalidité) : ceux de l’entreprise prennent fin, alors que vos proches peuvent toujours en avoir besoin, notamment si vous avez encore un crédit.

Le mois du départ et juste après

12. Vérifier les premiers versements et mettre à jour ses documents

Contrôlez les notifications de pension de chaque caisse : montant, nombre de trimestres retenus, taux. En cas d’erreur, vous pouvez contester dans un délai limité. Mettez ensuite à jour votre taux de prélèvement à la source sur impots.gouv.fr, pour éviter un taux trop élevé pendant des mois. Enfin, profitez de ce changement de vie pour relire les clauses bénéficiaires de vos assurances-vie et votre organisation de transmission : notre page transmission et succession fait le tour des questions à se poser.

Vous souhaitez continuer une activité ? Le cumul emploi-retraite et la retraite progressive permettent, sous conditions d’âge et de durée d’assurance, de garder un revenu d’activité. Les règles varient selon votre statut : renseignez-vous auprès de votre caisse avant de signer quoi que ce soit.

La check-list récapitulative

QuandÀ fairePourquoi
12 mois avantRelevé de carrière vérifié, corrections demandéesUn trimestre oublié réduit la pension à vie
12 mois avantEstimations à plusieurs datesChoisir entre décote, taux plein et surcote
12 à 9 mois avantBudget de retraité, complément de revenu chiffréSavoir ce que l’épargne doit fournir
Dernière année pleineVersements PER dans la limite du plafondDéduction dans la tranche d’imposition la plus haute
9 à 6 mois avantIndemnité de départ, épargne salariale, placementsPréparer l’impôt et l’usage des sommes
Au moins 5 mois avantDemande unique sur info-retraite.frPas de pension avant la date de demande
Selon le préavisLettre à l’employeur, date de fin de contratÉviter un mois sans revenu
2 à 1 mois avantMutuelle, prévoyanceRester couvert
Après le départContrôle des pensions, taux de prélèvement, clauses bénéficiairesCorriger les erreurs à temps

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Sources officielles

Les chiffres et règles de cet article ont été vérifiés le 26 octobre 2026 sur les sites officiels suivants :

Questions fréquentes

Je suis né en 1964 : à quel âge puis-je partir à la retraite ?

Depuis la suspension de la réforme, l’âge légal des personnes nées entre le 1er janvier 1963 et le 31 mars 1965 est de 62 ans et 9 mois, avec 170 trimestres pour le taux plein. Un départ anticipé reste possible au titre des carrières longues, sous conditions.

Combien de temps à l’avance faut-il demander sa retraite ?

Au moins 5 mois avant la date de départ souhaitée, et en général entre 4 et 6 mois avant. La demande unique en ligne sur info-retraite.fr est transmise à toutes vos caisses. La retraite ne peut pas commencer avant la date de la demande.

L’indemnité de départ à la retraite est-elle imposable ?

En cas de départ volontaire, elle est imposable en totalité. En cas de mise à la retraite par l’employeur, elle est en partie exonérée, dans la limite de 240 300 € pour les indemnités perçues en 2026. Le système du quotient peut réduire l’impôt si elle dépasse la moyenne de vos revenus des trois années précédentes.

Faut-il verser sur un PER juste avant la retraite ?

Souvent oui, si votre tranche d’imposition baisse à la retraite : vous déduisez les versements quand vous êtes imposé à un taux élevé, et la sortie est imposée quand votre taux est plus faible. Le plafond tient compte des montants non utilisés des 5 années précédentes. Le calcul dépend de votre situation : il faut le faire avant de verser.

Se faire accompagner

La dernière année avant la retraite mêle des règles de retraite, de fiscalité et de placement qui s’influencent les unes les autres. Conseiller en gestion de patrimoine (CIF, ORIAS n° 25001156, membre de la CNCEF), Raoul Dumas Madassamy vous aide à choisir votre date de départ, à chiffrer le complément de revenu nécessaire et à organiser votre épargne pour qu’elle dure. Les rendez-vous se font à La Rochelle, par téléphone ou en visio partout en France. Le premier rendez-vous et le bilan patrimonial sont offerts et sans engagement. Pour aller plus loin, découvrez notre accompagnement préparer sa retraite.

Les informations de cet article sont données à titre général et ne constituent pas un conseil personnalisé. Les règles citées sont celles en vigueur en octobre 2026 et peuvent évoluer. Tout investissement comporte des risques, notamment de perte en capital.

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