En bref
- Ne vous précipitez pas : un héritage de 100 000 € se place en plusieurs étapes, une fois la succession réglée et votre situation analysée.
- Commencez par sécuriser une épargne de précaution et regarder vos dettes, avant d’investir le reste selon vos projets et votre horizon.
- Assurance-vie, PER, PEA, SCPI, immobilier, donation : chaque solution répond à un objectif différent. Le bon mélange dépend de votre âge, de votre fiscalité et de vos projets.
Recevoir un héritage de 100 000 € est souvent un moment chargé d’émotion, qui arrive rarement au meilleur moment. Entre le deuil, les démarches chez le notaire et les sollicitations de la banque, la tentation est grande de laisser l’argent dormir sur un compte… ou au contraire de le placer trop vite dans la première solution proposée. Ce guide vous donne une méthode simple, étape par étape, pour transformer cet héritage en un vrai levier pour vos projets, que vous habitiez à La Rochelle ou ailleurs en France.
Étape 1 : régler la succession et comprendre ce que vous recevez
Avant de parler placement, il faut savoir précisément ce que vous allez recevoir et quand. La succession est en principe réglée par un notaire, notamment lorsqu’elle comprend un bien immobilier. La déclaration de succession doit être déposée dans les six mois qui suivent le décès lorsqu’il a eu lieu en France métropolitaine, et les droits éventuels sont payés à ce moment-là.
Les droits de succession sur 100 000 €
Bonne nouvelle : en ligne directe, chaque enfant bénéficie d’un abattement de 100 000 € sur ce qu’il reçoit de chacun de ses parents. Un enfant qui hérite de 100 000 € d’un parent n’a donc, en principe, aucun droit à payer, à condition que cet abattement n’ait pas déjà été utilisé par des donations de ce parent au cours des 15 dernières années. Pour un frère, une sœur, un neveu ou une personne sans lien de parenté, les abattements sont beaucoup plus faibles et la facture peut être lourde.
Si une partie de l’héritage provient d’une assurance-vie, elle suit des règles spécifiques et ne fait pas partie de la succession au sens civil : les capitaux issus de versements effectués avant 70 ans bénéficient d’un abattement de 152 500 € par bénéficiaire. Pour en savoir plus : transmission et succession et notre simulateur de droits de succession.
Étape 2 : se donner du temps (et ne pas laisser l’argent dormir)
Une fois les fonds versés, rien ne vous oblige à décider tout de suite. La meilleure décision est souvent de ne pas en prendre pendant quelques semaines. Placez temporairement l’argent sur des supports sans risque et disponibles : Livret A et LDDS dans la limite de leurs plafonds, compte à terme ou compte rémunéré. Vous laissez ainsi passer l’émotion, sans perdre de rendement.
Méfiez-vous des propositions pressantes : un placement qui « ne peut pas attendre » est rarement adapté à votre situation.
Étape 3 : faire le point sur votre situation
Le bon placement n’existe pas dans l’absolu : il dépend de vous. Avant d’investir, posez-vous quelques questions simples :
- Quels sont vos projets à 2, 5, 10 ans ou plus : achat immobilier, travaux, études des enfants, retraite, transmission ?
- Quelle est votre situation fiscale : tranche marginale d’imposition, revenus fonciers, éventuellement IFI ?
- Quelle part de risque êtes-vous prêt à accepter pour viser un meilleur rendement ?
- Avez-vous des crédits en cours, et à quel taux ?
- Avez-vous déjà une épargne de précaution suffisante ?
C’est exactement l’objet d’un bilan patrimonial : poser ces questions et chiffrer les réponses.
Étape 4 : sécuriser une épargne de précaution
Avant tout investissement, gardez une réserve disponible pour faire face aux imprévus : une panne de voiture, une période sans revenu, des travaux urgents. On recommande généralement l’équivalent de trois à six mois de dépenses, davantage pour un indépendant ou un chef d’entreprise. Cette réserve reste sur des livrets ou un compte rémunéré, même si elle rapporte peu : son rôle est d’être disponible. Pour aller plus loin : combien mettre de côté et où le placer.
Étape 5 : faut-il rembourser ses crédits ?
Rembourser un crédit, c’est obtenir un « rendement » égal à son taux d’intérêt, sans risque. Si vous avez un crédit à la consommation ou un prêt à taux élevé, le rembourser est souvent la meilleure décision. Pour un crédit immobilier souscrit à un taux bas, il est en revanche souvent plus intéressant de le conserver et de placer le capital. Pensez aussi aux pénalités de remboursement anticipé et à l’assurance emprunteur, qui disparaît avec le prêt.
Étape 6 : investir selon vos objectifs
Une fois la réserve constituée et les dettes coûteuses réglées, le reste de l’héritage peut être investi. Voici les principales solutions et ce à quoi elles servent.
| Solution | Pour quel objectif ? | Disponibilité | Risque |
|---|---|---|---|
| Assurance-vie (fonds en euros) | Épargne sécurisée, transmission | Disponible | Faible (capital garanti hors frais) |
| Assurance-vie (unités de compte) | Faire fructifier sur 8 ans et plus | Disponible | Perte en capital possible |
| PER | Préparer la retraite et réduire ses impôts | Bloqué jusqu’à la retraite (sauf exceptions) | Selon les supports |
| PEA | Investir en actions sur le long terme | Après 5 ans pour l’avantage fiscal | Perte en capital possible |
| SCPI | Revenus complémentaires immobiliers | Faible (revente non garantie) | Perte en capital possible |
| Immobilier locatif | Constituer un patrimoine, revenus | Faible | Selon le bien et le marché |
L’assurance-vie, le couteau suisse
Souple et disponible, l’assurance-vie permet de combiner un fonds en euros sécurisé et des unités de compte plus dynamiques. Après 8 ans, les gains retirés bénéficient d’un abattement annuel de 4 600 € (9 200 € pour un couple). C’est aussi un excellent outil pour transmettre à votre tour. Simulez votre assurance-vie.
Le PER, si vous êtes fortement imposé
Si votre taux marginal d’imposition est élevé, verser une partie de l’héritage sur un Plan d’Épargne Retraite permet de réduire vos impôts tout en préparant votre retraite, dans la limite d’un plafond annuel. L’argent est en principe bloqué jusqu’à la retraite : ne l’envisagez que pour la part que vous n’utiliserez pas avant. Simulez votre économie d’impôt.
Le PEA, pour investir en actions
Le Plan d’Épargne en Actions permet d’investir en actions européennes avec une fiscalité avantageuse après 5 ans : les gains sont alors exonérés d’impôt sur le revenu, seuls les prélèvements sociaux restant dus. Il convient à un horizon long et à une partie du capital que vous pouvez laisser fluctuer.
L’immobilier et les SCPI
Un héritage de 100 000 € peut servir d’apport pour un investissement locatif, ou être investi en SCPI pour percevoir des revenus sans gérer de locataire. Ce sont des placements de long terme, peu liquides, à réserver à une partie du capital.
Exemples de répartition selon votre profil
Ces exemples sont donnés à titre purement indicatif, pour illustrer la démarche. Votre propre répartition doit tenir compte de votre situation complète.
| Profil | Réserve disponible | Placements sécurisés | Placements dynamiques | Immobilier / SCPI |
|---|---|---|---|---|
| Prudent | 15 000 € | 55 000 € | 15 000 € | 15 000 € |
| Équilibré | 15 000 € | 35 000 € | 30 000 € | 20 000 € |
| Dynamique, long terme | 10 000 € | 20 000 € | 50 000 € | 20 000 € |
Pour tester différents scénarios, vous pouvez utiliser notre simulateur d’objectif d’épargne.
Étape 7 : penser à sa propre transmission
Recevoir un héritage est souvent l’occasion de réfléchir à ce que l’on transmettra soi-même. Chaque parent peut donner jusqu’à 100 000 € à chacun de ses enfants sans droits, tous les 15 ans, et un don de somme d’argent supplémentaire est possible sous conditions. Mettre en place une assurance-vie avec une clause bénéficiaire bien rédigée, ou une donation au bon moment, peut faire économiser beaucoup de droits à vos proches. Pour aller plus loin : l’assurance-vie après 70 ans.
Les erreurs à éviter
- Tout laisser sur le compte courant : l’inflation grignote votre capital année après année.
- Tout placer d’un coup sur un seul support : la diversification protège.
- Investir dans un placement que vous ne comprenez pas, ou sous la pression d’un vendeur.
- Oublier la fiscalité : le même rendement brut peut donner des résultats nets très différents selon l’enveloppe choisie.
- Négliger la disponibilité : bloquer de l’argent dont vous aurez besoin dans deux ans.
Questions fréquentes
Faut-il payer des impôts sur un héritage de 100 000 € ?
Pas forcément. Un enfant qui hérite d’un parent bénéficie d’un abattement de 100 000 €, à condition qu’il n’ait pas déjà été utilisé par des donations de ce parent au cours des 15 dernières années. Au-delà, ou pour d’autres liens de parenté, des droits de succession s’appliquent selon un barème progressif.
Combien de temps peut-on attendre avant de placer un héritage ?
Rien n’oblige à placer l’argent immédiatement. Le placer quelques semaines sur un livret ou un compte rémunéré laisse le temps de régler la succession, de faire le point sur sa situation et de construire une stratégie réfléchie.
Vaut-il mieux rembourser son crédit immobilier avec un héritage ?
Cela dépend du taux de votre prêt, des pénalités de remboursement anticipé et de ce que pourrait rapporter l’argent placé. Avec un prêt à taux bas, conserver le crédit et investir le capital est souvent plus intéressant ; avec un taux élevé, rembourser peut être judicieux.
Peut-on donner une partie de l’héritage à ses enfants ?
Oui. Chaque parent peut donner jusqu’à 100 000 € à chaque enfant sans droits tous les 15 ans, et un don de somme d’argent supplémentaire est possible sous conditions d’âge. C’est souvent l’occasion de préparer sa propre transmission.
Se faire accompagner
Un héritage de 100 000 € mérite un regard extérieur. Conseiller en gestion de patrimoine à La Rochelle, Raoul Dumas Madassamy vous aide à faire le point, à éviter les erreurs et à construire une stratégie adaptée à vos projets, au cabinet ou en visioconférence partout en France. Le premier échange est offert et sans engagement. Découvrez aussi nos conseils pour placer l’argent d’une vente immobilière et placer 200 000 € à la retraite.
Les informations de cet article sont données à titre général et ne constituent pas un conseil personnalisé. Tout investissement comporte des risques, notamment de perte en capital.

